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Collection
UN SAVOIR PLURIEL / UN SAVOIR CITOYEN
Béatrice Mabilon-Bonfils et Laurent Saadoun.
Résumé
de l'argument de la collection
Projet de création d'une collection pluridisciplinaire de sciences
sociales et humaines qui traiterait en 120/150 pages maximum d'un "fait
de société ", ouvrage qui à la fois ferait état
des recherches les plus récentes mais ferait aussi le point sur
l'état des savoirs sur la question.
Cette collection destiné aux étudiants des universités
de droit, éco, aes, socio, philo
IEP, toutes les classes prépa
sciences sociales, prépa ENA, Prépa ENM, prépa concours
administratifs type CPAG, qui peuvent y trouver dans un volume réduit
accessible mais sans concession sur le fond l'état des savoirs.
Nous pourrions y adjoindre des thèmes TPE de Lycée Première
ou /et terminale pour un lectorat le plus large possible : les besoins
(des profs et des élèves) sont importants. La spécificité
de cette collection est le traitement pluridisciplinaire, transversal
et problématique des thèmes, ce qui fait défaut aux
collections existantes. L'idée c'est qu'il est utile et porteur
de croiser sur un même sujet les apports des sciences sociales.
L'argument est d'abord épistémologique mais aussi pédagogique
: les unités de culture générale sous des formes
différents existent partout ;ce serait là un point fort
que de nourrir ces enseignements par une collection adaptée. Des
thèmes d'actualité pourraient être aussi traités
de manière différente ce qui est utile pour les Iep, les
concours
.Enfin chaque ouvrage se terminerait par quelques pages
permettant au lecteur de faire le point de sa compréhension de
l'ouvrage par des activités ad hoc.
Titres proposés.
· Attac, mouvement
politique protestataire
· La musique techno, musique du présent.
· Le conseil de classe, lieu politique.
· Les politiques publiques, entre expertise et action.
· Gestion des entreprises et pluriculturalité : vivre-ensemble
dans l'entreprise.
· LA PENSEE COMPLEXE :Les fondements de la pensée complexe
: heuristique et histoire .
· L'invention de la déscolarisation : Citoyenneté,
poly-identité et déscolarisation : l'Ecole face au pluriel.
· Pour une écologie de la communication : un itinéraire
en marge Jacques Salomé.
· L'enseignement des Sciences économiques et sociales.
· La pensée ou les figures du corps
· Le temps des plaisirs : pour une sociologie des sexualités.
· La science économique, science du pouvoir ?
· Les métaphores du corps : de l'organisme au corps social.
· L'artiste dans la Cité : Bernard Lavilliers et ses publics.
· Mondialisation culturelle et/ou socialisations plurielles : les
Pokemons.
· Méthode des sciences sociales.
Résumé
de la problématique des ouvrages.
Attac, mouvement
politique protestataire
En tant que nouvelle forme d'action collective, le mouvement Attac renouvelle
les rapports entre société civile et institutions, en redéfinissant
les contours d'une forme alternative de citoyenneté.
Disciplines mobilisées
: sociologie, science politique, anthropologie, philosophie.
La musique techno,
musique du présent.
La techno, art du vide ou socialité alternative ?
La techno est par
excellence la musique du présent. Elle est à la fois symptôme
du mal-être de notre époque, symbole des progrès techniques,
miroir des bouleversements contemporains et précurseur des évolutions
futures.
Une musique impersonnelle, matérielle, interdisant toute espèce
de communication entre les individus ; une musique dangereuse, violente,
liée à la drogue... Ces quelques préjugés
sur la techno traduisent une incompréhension devant un phénomène
récent et dont les rouages sont pour beaucoup inconnus. Notre volonté,
dans cet ouvrage, est de les déconstruire pour dépasser
les apparences simplifiantes. C'est un risque, sans doute, mais aussi
une chance.
Une chance d'interroger l'individualisme contemporain, une chance de comprendre
les craintes des dirigeants politiques de ne pas pouvoir contrôler
ces manifestations qui échappent à la festivité établie.
Une chance, surtout, d'appréhender ces rassemblements entre individus,
ce plaisir de l'ordre de l'inconscient et revendiqué d'être
ensemble, dans une humanité qui se tisse en réseau.
Une forme originale de relations entre les individus et le Politique s'exprime
alors : la participation politique affinitaire. Par un partage intime
de sensations, de vécus, de paroles dites et non-dites, les individus
construisent une nouvelle façon de vivre ensemble. Cette socialité
alternative est féconde, conciliant le conflit et le consensus.
La musique techno n'est pas hors société mais hors institutions.
Disciplines mobilisées
: sociologie, science politique, anthropologie, philosophie, psychanalyse.
Le conseil de
classe, lieu politique.
Les luttes au prix desquelles l'enseignement public et laïque s'est
imposé en France ont laissé des traces ; certes, le compromis
de départ visait essentiellement la neutralité en matière
religieuse
il semble pourtant légitime aujourd'hui de se demander
si l'entreprise de laïcisation n'a pas atteint dans le même
mouvement le domaine politique ; le politologue ne peut dès lors
rester indifférent à l'ambiguïté des relations
qu'entretiennent Politique et Ecole : comment envisager en effet que l'Ecole
puisse être à la fois un instrument de formation à
la citoyenneté, et un lieu vierge de toute intrusion du politique
? Comment sensibiliser les élèves au politique en respectant
le dogme de la laïcité ?
Ces interrogations constituent la toile de fond de notre réflexion
sur le conseil de classe : de par ses missions (évaluation, décision
),
sa composition ( proviseur, personnel enseignant, délégués
élus), son fonctionnement (blocages, relations de pouvoir, stratégies
des acteurs, confits d'identité, présentation de soi), cette
instance semble en effet symboliser le lieu du Politique dans l'Ecole.
Cependant, à l'image du système scolaire global, dont il
n'est qu'un rouage, le conseil de classe se caractérise le plus
souvent par une volonté d'éviter au maximum que les conflits
et les contradictions qui le traversent ne se transforment en véritables
ruptures
au point de conduire à l'euphémisation voire
à l'occultation de ces tensions, et par conséquent à
la négation de sa dimension politique.
Le conseil de classe, en tant que lieu du politique dans l'école,
est en théorie un allié tout désigné dans
la formation à la citoyenneté et la réduction du
" déficit démocratique " reproché à
l'Ecole
Le conseil de classe se situe au cur de la problématique
désormais " classique " du développement de la
citoyenneté à l'Ecole.
En effet, cette " micro-assemblée " réunit les
différents protagonistes du monde scolaire, et met en uvre
de façon concrète la théorie de la représentation,
certains de ses membres (les délégués élèves
et parents) étant élus par leurs " mandants "
à la majorité des suffrages.
D'autre part, le conseil de classe est en théorie une occasion
offerte aux acteurs du monde scolaire de débattre en commun des
problèmes qu'ils rencontrent ; c'est même une occasion unique,
puisqu'en dehors de ces réunions trimestrielles ils ne sont jamais
réunis ainsi au complet.
Pourtant, entre tabous et non-dits, le conseil de classe semble lui-aussi
être paralysé par la volonté (et la nécessité
?) d'occultation des conflits
L' " imposition de problématique légitime ", selon
l'expression de P.Bourdieu, a retenu notre attention, tant elle semble
pouvoir s'appliquer aux situations que nous avons rencontrées lors
de nos observations empiriques.
S'il fallait ne citer qu'un exemple à l'appui de notre hypothèse,
nous mentionnerions ces quelques mots, tirés d'un entretien réalisé
avec un jeune professeur de sciences-physiques : " (Le proviseur)
vérifie le déroulement correct
c'est-à-dire
qu'il y a certaines choses qui ne doivent pas être débattues
dans un conseil de classe. C'est à lui d'arrêter le débat
si ça part sur un sujet
par exemple, quand les notes d'un
prof sont contestées en conseil de classe. "
Les débats menés au conseil de classe relèvent donc
d'un domaine pour ainsi dire " conventionnel ", et l'entrée
dans le champ du négociable d'un thème passe par la conformité
avec les critères retenus pour la définition des dites conventions.
Mais nous pouvons même aller plus loin et soutenir que tout se passe
comme si les acteurs savent d'eux-mêmes quels sujets ils peuvent
aborder et pratiquent un type d' " auto-censure "
certains
thèmes-les moins consensuels- restent par conséquent tabous.
La " neutralisation " du politique, la non-reconnaissance de
la légitimité du discours politique, qui se traduit au conseil
de classe essentiellement par l'occultation des conflits, a pour conséquence
d'éloigner l'Ecole de l'une de ses missions essentielles : faire
des élèves de futurs citoyens, sensibilisés à
la chose politique
L'Ecole est-elle vouée à rester
une forteresse de la laïcité ? La question reste ouverte.
Disciplines mobilisées
: sociologie, science politique, anthropologie, philosophie, psychanalyse,
sciences de l'éducation.
Les politiques
publiques, entre expertise et action.
A la croisée d'une réflexion épistémologique
sur la fonction politique des sciences sociales et de l'expertise politologique
comme aide à la décision, les politiques publiques instrumentalisent
la Raison et l'action.
Entendues comme plurivers selon la formule d'Edgar Morin, les politiques
publiques sont la résultante des rationalités hétérogènes
des professionnels de la politique, des groupes de pression , des citoyens
et des institutions qui sera abordée au travers d'exemples illustratifs
tels la politique de reconversion du Plateur d'Albion.
Disciplines mobilisées
: sociologie, science politique, science économique, gestion, épistémologie.
Gestion des
entreprises et pluriculturalité : vivre-ensemble dans l'entreprise.
L'ouvrage s'inspirera des travaux de P. D'iribarne concernant les racines
culturelles et sociales des décisions économiques et des
travaux des sociologues et anthropologues (Maffesoli Etienne, Laplantine)
sur la montée des demandes de pluralismes culturels et des poly-identités
dans la France moniste d'aujourd'hui.
Les anthropologues nous ont appris que sans tomber dans l'essentialisme
des comportements, une culture c'est un contexte qui donne sens, qui rend
les comportements intelligibles, qui permet de construire des formes d'organisation.
Or, sous les traits uniformisant de notre système politique et
économique (La mondialisation est une uniformisation moniste qui
peut utiliser le différentiel culturel comme une marchandise mais
sa tendance lourde est celle de l'uniformisation), la question qui se
pose est comment réagir et adapter les outils de gestion à
la montée des pluralismes culturels, régionaux, mais aussi
pluri-culturels : Les travaux de Mafessoli sur le "Temps des tribus"
ou d'Etienne sur le "Temps du pluriel "peuvent nous aider. :
Le néo-parochialisme désigne le fait que sous les effets
récurrents de la mondialisation " par le haut ", la différence
est essentielle : ce que traduit la formule " une chaise dans sa
paroisse, un pied dans sa culture ". Les différences cultuelles
et culturelles sont des marqueurs d'identité, que l'individu soit
croyant ou pas, pratiquant ou pas ; elles le rattachent à un système
comme nécessité pour survivre. Marseille est un excellent
exemple du néo-parochialisme : ce ne sont ni les partis politiques,
ni la police qui assurent la paix sociale, mais les associations de quartier,
les radios locales... les groupes néo-parochiaux, la société
civile au sens de la science politique.
Que cela fasse plaisir ou pas, la pluralité des demandes de pluralismes
est aujourd'hui telle que le temps du pluriel est venu. Cette pluralité
est culturelle et cultuelle : les basques veulent des écoles basques
; les juifs veulent pratiquer le shabbat et les musulmans considèrent
que le voile est une forme d'identité qui permet l'élargissement
de la prise de parole dans la Cité. Si la France refuse de ratifier
la charte européenne de protection des langues régionales,
c'est bien que derrière ce statut, se pose, au-delà même
des langues régionales, la question des minorités dans son
ensemble. La république ne peut gérer la demande de pluralisme
sans se transformer... Or, l'Europe propose une gestion du pluralisme
différente.
Ces formes de socialité , cette puissance souterraine du social
ne reposent pas seulement sur des règles formelles, mais l'une
des clés est de comprendre les organisations économiques
comme des construits politiques dans lesquels les acteurs organisent leur
coopération, gèrent les relations humaines dans un culturel,
un code, un langage, une manière de décoder les comportements
particuliers
D'iribarne a travaillé sur une grande entreprise à l'aide
d'un long travail ethnographique puis a généralisé
ses hypothèses. Il a travaillé sur les rapports entre culture
et efficacité économique en comparant les cultures nationales
française, néerlandaise, américaine) et leurs modes
de gestion. Il cherche à comprendre les organisations comme des
construits politiques et s'intéresse à la manière
dont les acteurs des entreprises organisent leur coopération, régulent
leurs conflits à partir de leurs valeurs (conceptions de la hiérarchie,
apprentissage de l'obéissance...) Mon idée serait de transposer
son analyse aux réalités régionales pour comprendre
comment les cultures régionales ont des effets sur les règles,
stratégies et construction du sens du travail dans les entreprises
provençales. Les représentations de l'autorité, de
l'obéissance, du partage des tâches des relations entre groupes,
de son propre rôle social dans l'entreprise de son identité
dans et hors le travail peuvent expliquer certains comportements en entreprise
et permettre de réfléchir à la nécessaire
adaptation des outils universels de gestion aux réalités
locales, pour éviter que les institutions soient des lieux où
s'enlise le sens. Les jeux du pouvoir, du conflit et de la négociation
sont pluriels et non univoques Pour lui la culture américaine est
centrée sur le contrat (sentiment de communauté, esprit
de coopération, entre patron salarié fournisseur, plus le
sentiment de communauté est fort, plus les rapports peuvent l'être
en confiance), la culture néerlandaise privilégie l'ajustement
des intérêts rejetant tout ce qui ressemble à une
pression formelle ou informelle. La France patrie de l'honneur, de rangs
de l'opposition historique noble-commun se distingue par des devoirs et
des privilèges pour chacun. Personne n'est prêt à
se plier à la loi commune, mais chacun a à cur d'être
à la hauteur de sa responsabilité : le sens de l'honneur
suppose que les apparences soient sauves et qu'aucune position ne soit
vécue comme subalterne : la gestion des entreprises tient d'ailleurs
souvent compte sans le dire de ces nuances officieuses (petits détails
et normes de groupe). Chacun a un rang à tenir. L'idée est
que nous pourrions observer comment la culture provençale (d'abord,
quitte à élargir ensuite aux autres formes de cultures régionales)
peut avoir des effets sur les pratiques décisionnelles des entreprises,
en prenant aussi en compte les travaux récents sur l'interculturalité
puisque notre région est aussi une région d'immigration
et de brassage culturel qui ne peuvent être sans effet sur notre
manière de vivre ensemble.
Les entreprises modernes désirent provoquer l'adhésion et
le dévouement de leurs collaborateurs et adoptent des structures
et des styles de direction afin permettre l'identification aux idéaux
de l'organisation et à son éthique... Il s'agit d'étudier
les types d'organisation et les styles de personnalité induites
et s'interroge dans une perspective psychosociologique sur les modalités
par lesquelles les jeux du pouvoir et du désir en entreprise peuvent
permettre de favoriser l'émergence d'un vivre ensemble en entreprise.
Donc il s'agirait
de réaliser d'une observation de type ethnographique et du point
de vue de la méthode de bâtir un protocole d'observation
détaillée à un niveau très local couplé
à une analyse des caractéristiques régionales par
des données concernant à la fois les documents traduisant
les aspects de la gestion et du fonctionnement de chaque entreprise et
des entretiens avec les chefs d'entreprise, les responsables du personnel,
les salariés, les représentants des différents niveaux
hiérarchiques, entretiens portant sur les divers aspects de la
vie quotidienne de la production, des relations entre les services, des
relations hiérarchiques
Disciplines mobilisées
: sociologie, science politique, science économique, gestion, psychanalyse,
anthropologie.
LA PENSEE COMPLEXE
Les fondements de la pensée complexe : heuristique et histoire
.
La pensée
complexe en tant que pensée de la solidarité, embrasse et
tisse ensemble ce que la pensée disciplinaire disjoint : elle est
pensée des articulations, pensée de la singularité,
de la localité et de la temporalité. Elle nécessite
de ne pas clore les concepts et se constitue en tant que pensée
de la reliance disciplinaire, des dépassements de frontières
toujours réductrices de sens. Elle est invention de possibles et
se construit dans la pluralité et la résonance de travaux
et d'auteurs aussi divers que E. MORIN, J.-L. Le MOIGNE, H. ATLAN, I PRIGOGINE
, F VARELA, H Von FOESTER, J DE ROSNAY....C'est dire qu'un tel paradigme
est par essence "nomade" selon l'expression d'I. STENGERS puisqu'il
porte en lui une réflexion épistémologique qui interroge
autant les sciences de la nature, que les sciences de l'Homme et de la
société, s'il invite à en considérer les lignes,
les tendances de la complexification croissante...tout en affermissant
"la conscience de la destruction des fondements de la certitude",
acceptant ce faisant le désordre et l'ordre tout à la fois,
comme attributs de tout savoir complexe. Ce que propose Edgar MORIN dans
son paradigme de la complexité, c'est une logique alternative,
par la mise en oeuvre d'une épistémologie de la complexité,
autorisant la reliance de l'unité de la science dans une théorie
de la complexité humaine : à savoir, assurer la cohérence
de l'ensemble des interrelations entre les différents constituants
de la connaissance, rendre vivant le savoir par la construction de ponts
transdisciplinaires. De la sorte, il s'agira de renoncer à tout
esprit de système, clôturant le réel et préférer
lui substituer l'unité complexe formant totalité. Notre
ouvrage rendra compte de cette heuristique de l'homo complexus, oeuvrant
à la construction d'un savoir pluriel .
L'invention de la déscolarisation.
Citoyenneté, poly-identité et déscolarisation : l'Ecole
face au pluriel.
La déscolarisation
est une idée neuve : croisée du mouvement de massification
de l'Ecole et d'un moment de nécessaire gestion du pluriel par
l'Ecole, elle doit être comprise comme rupture du paradigme fondateur
de l'Ecole de la république par l'éclatement des formes
identitaires d'appartenance à l'Ecole. Notre projet ne vise pas
tant à cerner les déterminants objectifs de la déscolarisation
que de mettre en liens les représentations des acteurs du système
scolaire que sont élèves, parents d'élèves
et enseignants, comme valeurs productrices de normes et de pratiques au
coeur même de la définition de la déscolarisation.
C'est bien la signification subjective des pratiques scolaires et sociales
qui donne sens à l'échec scolaire et plus largement citoyen
que constitue la déscolarisation. Notre parti-pris épistémologique
est résolument transdisciplinaire : anthropologie et psychanalyse
des pratiques, en ce que la réalité sociale est intrinsèquement
symbolique ; sociologie des pratiques et des organisations, en ce que
construire du savoir et construire du social relèvent d'une même
opération ; analyse politologique de l'institution scolaire en
tant que lieu de rapports de pouvoir et de construction de la mémoire
collective, et psychologie sociale dans sa contribution aux mécanismes
de définition de l'identité et à la saisie des représentations
sociales. Les sciences de l'éducation seront aussi partie prenante
de nos analyses, en ce que les travaux sur les programmes scolaires, l'échec
scolaire et le rapport au savoir sont des marqueurs des procédures
de disqualification et d'étiquetage à l'oeuvre à
l'Ecole. Il s'agit donc bien là de faire l'analyse d'un système
symbolique complexe et non de se borner à travailler sur les trajectoires
déscolarisées ou mieux de lier ces parcours intellectuels,
personnels, sociaux, voire proprement politiques aux régulations
et contrôles de l'institution scolaire.
En tant que lieu cardinal
de la citoyenneté, l'École de la République a travaillé
historiquement à la construction unitaire de la citoyenneté
française, conçue comme déni des allégeances
particulières et comme topos fondateur de neutralisation des lieux
et des milieux. La citoyenneté française s'est construite
sur un déni des allégeances particulières. La déscolarisation
est bien alors le produit d'un processus social de rupture du pacte républicain.
C'est donc au travers des représentations de la citoyenneté
des acteurs du système scolaire que peut être saisie une
des dimensions de la déscolarisation : anomie produite par la violence
symbolique de l'Institution dans sa gestion du pluriel. La citoyenneté
se définit-elle par l'intériorisation d'une appartenance
nationale ou les appartenances concurrentes infra et supranationales priment-elles
dans le construction sociale de l'identité politique des jeunes
? La citoyenneté dépasse-t-elle les autres identifications
? La déscolarisation serait-elle alors un symptôme de la
rupture du pacte républicain, sorte d'anomie politique ? Le processus
social de construction de l'identité nationale reconstruit-il ces
identifications plurielles dans un vouloir-vivre collectif ? Ou y-a-t-il
éclatement des formes d'appartenance sociale liée à
l'hétérogénéité croissante des socialisations
allogènes ? Quels sont les mécanismes de socialisation politique
des populations déscolarisées ? Quels rapports et représentations
entrentiennent-elles avec la citoyenneté ? Si le projet fondateur
de l'Ecole de la République se fonde sur la neutralisation des
milieux dans et par le lieu, quels sont les effets de ce métissage
identitaire sur les modes d'appartenance au système scolaire des
apprenants et des enseignants ? Au delà des institutions légitimes
et légales, ce sont là les centralités souterraines
de la puissance sociale que doivent saisir les sciences sociales afin
que l'Ecole reconstruise une communauté émotionnelle par
une nouvelle gestion du pluriel qui déconstruise la logique de
la production sociale de la déscolarisation. Mais cela nécessite
une compréhension fine des mécanismes sociaux et mentaux
à l'oeuvre dans l'invention de la déscolarisation, comme
construction symbolique. La déscolarisation peut alors être
conçue comme fabrication sociale de l'échec scolaire et
citoyen au travers des représentations des acteurs du système
scolaire. Pratiques, étiquetage et rapports à l'Institution
participent de la déscolarisation conçue comme le produit
de jeux et d'enjeux de pouvoir. Quinze travaux empiriques articulant méthodes
quantitatives et qualitatives seront menées dans la région
PACA (Aix, Marseille et Carpentras).
Disciplines mobilisées
: sociologie, science politique, sciences de l'éducation, anthropologie,
ethnologie.
Pour une écologie
de la communication : un itinéraire en marge Jacques Salomé.
Les auteurs se proposent
de rendre compte d'un chemin de vie et d'une pensée de la reliance
et de l'apprendre communicationnel. Il s'agira ici de proposer une lecture
plurielle appliquée à une démarche iconoclaste ,
nourrie d'entretiens avec Jacques Salomé et des personnalités
( journalistes, écrivains artistes
) familières de
celui-ci.
Disciplines mobilisées
: sociologie, littérature, psychanalyse, sciences de la communication,
philosophie, sciences de l'éducation.
L'enseignement
des Sciences économiques et sociales
Ouvrage à destination
des enseignants de SES , les auteurs y proposent une démarche et
des illustrations par des séquences de cours pour tout ceux - jeunes
enseignants et enseignants chevronnés- qui désirent renouveler
leurs pratiques pédagogiques par une méthode originale utilisant
les acquis de la didactique et de la pédagogie.
Disciplines mobilisées
: sociologie psychanalyse, sciences de la communication, pédagogie,
sciences de l'éducation.
La pensée
ou les figures du corps
S'interroger sur le
travail d'investigation de la pensée, c'est questionner, tant d'un
point de vue épistémologique que psychanalytique, le désir
de savoir : si la pensée n'est qu'un quid pro quo, elle est aussi
symptôme de l'existence du corps. C'est relier les figures du pensable
aux re-présentations d'un "Moi-Tout", totalité
en germe sous le mystère du désir et donc le mystère
du pouvoir. Le Penser est alors ce membre-fantôme qui se rit du
sujet et en l'objet se duplique ...parfois .
Il s'agira de croiser ici science politique, philosophie, et psychanalyse
pour travailler à mettre en liens le corps et la pensée.
Disciplines mobilisées
: sociologie, psychanalyse, philosophie, épistémologie,
science politique.
D'autres titres encore
· Le temps
des plaisirs : pour une sociologie des sexualités.
· La science économique, science du pouvoir ?
· Les métaphores du corps : de l'organisme au corps social.
· L'artiste dans la Cité : Bernard Lavilliers et ses publics.
· Mondialisation culturelle et/ou socialisations plurielles : les
Pokemons.
· Méthode des sciences sociales.
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