Regard sur la comptabilité antique romaine : l'amortissement de l'esclave et ses conséquences par Gérard Minaud, Docteur de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Histoire), Diplômé de l'Institut Supérieur de Gestion

 

 

De récents scandales financiers, articulés autour de mécanismes comptables élémentaires, ont mis en évidence l'urgent besoin de réviser certaines normes de la comptabilité contemporaine et même parfois d'en établir de nouvelles, communes à toute entreprise en tout point de la planète. Il s'agit des affaires Enron et Worldcom : leur principe de base réside dans la surévaluation des biens et le camouflage des dettes. Ce fait divers économique souligne la nécessité de disposer de règles d'appréciation fiables, fût-ce au risque de bouleverser en peu de temps les usages comptables. Un tel recours est extrêmement rare dans l'histoire de la comptabilité où les changements sont toujours opérés très lentement et où l'esprit est plutôt conservateur (ce qui est normal, puisque la continuité des méthodes est un principe essentiel de la comptabilité). Néanmoins, à partir du 1er janvier 2005, de nouvelles règles entreront en vigueur dans le traitement des amortissements et des dépréciations des éléments d'actif , et bien plus, sans devoir attendre cette date, ceux qui en ont fait le choix peuvent déjà les appliquer.

Dès lors, trois nouveautés seront à respecter : comptabilisation et amortissement des actifs par composant, évaluation des actifs à la clôture par des tests de dépréciation et modifications en conséquence des plans d'amortissement des actifs dépréciés. Cette démarche s'inscrit dans un rapprochement des normes européennes entre-elles à travers les IFRS (autrefois IAS ), élaborés par l'IASB , puis ensuite avec celles des Etats-Unis d'Amérique avec leurs US GAAP .

Malgré le caractère spectaculaire donné à ces affaires, il n'y a aucune innovation dans le penchant à évaluer les éléments d'un patrimoine autrement qu'en fonction de la réalité économique du moment où est faite l'estimation. Cette pratique est courante dans l'histoire, au point d'être presque aussi vieille que l'histoire économique de l'Europe. Si, comme le suggère la lecture des sources documentaires, agir de cette manière était déjà une grande tentation au Moyen-Age, dans l'Antiquité romaine c'était un usage institutionnalisé. Alors que des garde-fous ont rapidement été mis en place dans les temps médiévaux, dans le monde romain la situation est paradoxale. Les composantes d'un patrimoine ne sont pas appréciées à leur juste valeur dans les déclarations administratives auxquelles sont soumis les citoyens romains, tandis que des tests de dépréciation ont lieu en cas de transactions contentieuses entre particuliers.

Cette situation a des répercutions microéconomiques qui n'ont pas fait l'objet d'une étude particulière, malgré leur caractère fondamental pour l'économie antique. Elle induit deux conséquences majeures. Dans un premier temps, il y avait une incapacité à définir un prix de revient dans toute unité de production qui employait de la main d'œuvre servile. Dans un second temps, il y avait un risque à moyen et long termes de provoquer la mort de toute entité économique.

Qu'il s'agisse de l'analyse que l'historien fait de documents comptables anciens ou de celle que diligente l'expert d'aujourd'hui dans les comptes d'une entreprise, une même préoccupation demeure, celle clairement exprimée par Christian de Boissieu au sujet des turbulences comptables provoquées par l'affaire Enron : " le défi consiste donc à mettre en place un système de conventions qui se rapproche le plus d'une réalité économique toujours difficile à cerner et qui serve le mieux l'exigence de transparence " . De façon succincte, tout le problème réside à faire apparaître dans les comptes d'une entité économique ses biens appréciés selon une juste évaluation, à sa fair value.

L'examen des solutions apportées au cas Enron ou Worldcom montre, pour partie, leurs similitudes avec celles qu'utilisaient les Romains en matière de dépréciation et souligne surtout, pour l'autre partie, les carences, volontaires ou pas, de ces hommes devant le mécanisme de l'amortissement. L'amortissement, faut-il souligner, pris avec un sens comptable est à distinguer du mot amortissement pris dans un sens trivial pour désigner le temps de retour de l'investissement . Aussi, dans l'intérêt même des lecteurs les moins avertis en comptabilité et avant d'avancer dans l'exposé, il peut être utile de présenter succinctement quelques mécanismes comptables assez simples.

Brève mise au point technique


Quelle que soit l'époque considérée, une entité économique possède des biens et des dettes. En employant une terminologie contemporaine, le commentateur comptable dit que ces biens et ces dettes composent respectivement l'actif et le passif de ladite entité. Périodiquement, à partir de son actif et de son passif, le gestionnaire comptable tire un état exprimé en unités monétaires et dont l'utilité est à la fois interne et externe à l'entité économique. Dans le premier cas, le dirigeant dispose des informations nécessaires pour connaître avec précision la valeur du patrimoine qu'il exploite. Dans le second cas, un tiers obtient plus d'éléments pour étudier la solvabilité de son interlocuteur tandis que l'administration fiscale reçoit les informations indispensables pour calculer l'assiette de ses prélèvements.

Toutefois, ces biens ne conservent pas indéfiniment une valeur stable et identique à leur coût d'acquisition. Leur valeur varie en fonction de plusieurs facteurs. Par exemple, une installation technique ou un matériel perd d'autant plus de valeur marchande que son utilisation est intense ou qu'un nouveau procédé plus performant est désormais disponible. Usure et obsolescence diminuent la valeur monétaire de tout équipement technique, que la terminologie latine fait entrer dans l'instrumentum d'une exploitation. La constatation comptable de ce phénomène microéconomique continu et irréversible constitue l'amortissement. Cette dépréciation n'affecte pas seulement des éléments corporels comme une machine mais peut aussi toucher des éléments incorporels. Dans l'Antiquité, dont l'économie est largement fondée sur l'utilisation d'esclaves, éléments corporels par excellence, il existe aussi des éléments incorporels dans le patrimoine d'une entité économique : c'est aussi bien le savoir-faire d'esclaves, parfois très hautement qualifiés, que des participations financières dans des opérations ponctuelles.

Le traitement comptable de l'esclave mérite certainement une attention particulière. L'esclave représente une immobilisation complexe, à la fois corporelle, à durée d'utilisation limitée, et incorporelle, quand celui-ci dispose d'un savoir-faire, tout autant perfectible que transmissible. Et bien plus, il peut se reproduire. Envisager son amortissement n'est pas une tâche très simple.

Pour la France contemporaine et à la lecture du Plan comptable général, l'amortissement pour dépréciation correspond à la constatation comptable d'une diminution de la valeur d'un élément d'actif née de l'usage, du temps, d'une modification des techniques ou de toute autre cause dont les conséquences sont jugées irréversibles. Cet amoindrissement de la valeur d'un bien est étalé dans le temps en fonction de sa durée de vie estimée. L'amortissement pour dépréciation d'un élément d'actif est un double constat : celui de la diminution de la valeur d'un élément d'actif et celui de l'étalement dans le temps d'une charge . D'un point de vue comptable, l'amortissement sert à enregistrer une perte subie (notée parmi les charges) et la variation négative de la valeur d'une immobilisation (une partie du patrimoine de l'entité économique immobilisée sous forme d'un bien corporel ou incorporel). Si cette comptabilisation n'a pas lieu, le résultat d'un exercice est faussé, il ne reflète pas la réalité : ni la valeur réelle des immobilisations ni toutes les charges d'un exercice sont prises en compte. La valeur effective d'un patrimoine demeure méconnue au profit d'une image dénaturée.

Pour éviter un tel phénomène, aujourd'hui les préoccupations liées à l'amortissement et à la dépréciation sont devenues fondamentales à l'échelle mondiale. Est-ce une seule conséquence de la mondialisation ou étaient-elles déjà ressenties dans d'autres sociétés notamment dans le monde antique romain ?

Force est de constater que la notion de juste valeur d'un bien n'était pas inconnue en ces temps-là comme le montre un rescrit impérial concernant la restitution des biens dotaux que promulguèrent entre 290 et 293 les empereurs Dioclétien et Maximien : " Sin autem etiam maritus in aestimatione gravatum se adleget, veritate examinata non amplius quam pretium iustum restituere compellatur ". Dans ce cas précis, une distinction est faite entre la valeur initiale des biens et leur valeur vénale ultérieure.

Cet exemple n'est pas un hapax juridique tardif, il en existe d'autres plus anciens. Le juriste Gaius, plus d'un siècle auparavant, évoque des situations similaires : " Quod autem adiectum est in hac lege : Quanti in eo anno plurimi ea re fuerit, illud ut efficit si clodum puta aut luscum seruum occiderit qui in eo anno integer fuit, aestimatio fiat quanto fuit quamuis is plus interdum consequatur quam ei damnum datum est " ou encore " Hoc tamen capite non quanti in eo anno sed quanti in diebus XXX proximis ea res fuerit damnatur is qui damnum dederit " . Cette même analyse se rencontre chez le jurisconsulte Paul .

Qu'en était-il exactement dans le monde antique romain où existaient des règles de comptabilité et de gestion ? La question prend un intérêt tout particulier, déjà souligné, en ce qui concerne la valeur d'un esclave : il s'use, transmet ses connaissances techniques ou en apprend de nouvelles et comme les animaux élevés en agriculture il se reproduit. Quelles sont les conséquences de cette situation ? Il faut essayer de les identifier.

Les informations comptables

Les informations comptables sur les temps passés, Renaissance, Moyen-Age et Antiquité, sont connues de deux façons : les sources directes (les documents qui ont survécu aux siècles) et la documentation indirecte, plus vaste et constituée de témoignages variés, parfois anecdotiques, dont les auteurs n'avaient pas systématiquement à l'esprit un objectif comptable en les composant. Pour la période antique, le chercheur est essentiellement confiné à ce dernier cas : les sources directes sont extrêmement rares et toujours incomplètes tandis que les renseignements indirects, pour ne pas dire accidentels, sont nombreux mais très diffus.

 

 

1/ Formalisation de la comptabilité en Europe

 


Dès la fin du Moyen-Age, une forme de rationalisation s'est développée dans le monde des affaires et s'est exprimée en adaptant la tenue de comptes à l'expansion du commerce. Pour faire du commerce d'envergure, il faut du crédit, la comptabilité est l'instrument idoine pour l'attester et le quantifier. Elle montre l'état de solvabilité d'une personne, l'étendue de son patrimoine et de ses dettes.

Quand il s'agit d'observer les détails de l'histoire de la comptabilité, le réflexe est de consulter l'ouvrage du célèbre moine franciscain fra Luca, plus connu sous son patronyme Luca Pacioli . Il s'agit de la Summa de arithmetica, geometria, proportioni et proportionalita, et plus particulièrement le traité XI de son neuvième livre . Dans cet ouvrage publié à Venise en 1494, l'auteur affirme exposer seulement les usages de son temps : " I reverenti subditi de V. D. S. Magnanimo D. aciò a pieno de tutto l'ordine mercantesco habino el bisogno, deliberai (oltre le cose dinanze in questa nostra opera ditte) ancora particular tractato grandemente necessario compillare " ou alors " E questi tali libri convengonsi secondo l'usanze de diversi paeste ne li quali luoghi mi son retrovato portali e a presentarli a certo officio di mercatanti, commo sonno consoli ne la cit de Perosa, e a loro narre comme questi sonno li toi libri, in li quali tu intendi scrivere overo far scrivere de tale ogni tua facenda ordinamente " . Quelques exemplaires originaux des registres comptables décrits -Journal, Grand Livre et autres Brouillards- ont traversé les siècles et aujourd'hui l'historien y voit prendre forme la technique comptable que fra Luca théorise, celle de la comptabilité en partie double alors très développée à Venise : " E servaremo in esso el modo de Vinegia, quale certamente fra gli altri è molto da commendare e mediante quello in ogni altro se porrà guidare " .

Dans le schéma comptable qu'il expose, Luca Pacioli démontre l'obligation pour le marchand de rédiger un inventaire de tous ses biens, quelle que soit leur nature . Il donne alors un modèle de rédaction, où se remarquent les détails suivants.

- Il n'y a pas de période de référence particulière, telle l'année civile. Il date son modèle du 8 novembre 1493 . Toutefois, il indique que dans les luochi famosi, les places réputées, l'annualité est retenue pour la clôture des comptes, surtout par les grands marchands qui appliquent l'année civile .

- A cette époque, il y a continuité entre le patrimoine professionnel et personnel du commerçant. Biens meubles et immeubles sont portés sur le document ainsi que les créances et dettes.

- Tout au long de son exposé, l'auteur suggère alors de noter en regard du libellé de chaque article sa valeur nominale et non pas de faire une estimation forfaitaire globale de l'ensemble de ses biens.

- Même si la notion d'amortissement telle qu'elle apparaît dans la comptabilité d'aujourd'hui ne se rencontre pas dans les travaux de Luca Pacioli, celui-ci demande de préciser, quand le cas se présente, si les biens sont usagés . Il prévoit aussi l'enregistrement de la perte subie par une marchandise en utilisant le compte Profits et Pertes : " E al pro et Danno andarai in dare, dicendo Pro e Danno die dare a di… per la tal robba, per danno sequito, tanto…, posto in quella al die havere per suo saldo apare a carti… " . Cette dernière remarque est essentielle pour la comptabilité en partie double afin d'obtenir l'indispensable égalité arithmétique entre le montant de l'actif et celui du passif. Schématiquement, la diminution de la valeur du patrimoine est équilibrée par l'augmentation des pertes.

Dans le modèle comptable présenté par Luca Pacioli, il est admis que les éléments d'actif d'un patrimoine puissent perdrent de leur valeur. Cette diminution est enregistrée dans un compte approprié au phénomène. Si les détails de ce mécanisme se lisent dans un ouvrage de formalisation de la comptabilité en partie double, alla veneziana, publié uniquement en 1494, il a pu exister auparavant. Des livres de comptes tenus à Florence en 1382, ceux de Paliono di Falco, contiennent déjà la mention alla veneziana .

 

 

2/ les outils comptables romains

 


Des comptes privés tenus pour qui ?

Tout exposé sur la comptabilité romaine antique exige une remarque liminaire sous forme de réponse à la question : " Dans le monde antique romain, qui avait une comptabilité ? ".

Seul le citoyen romain pouvait tenir une comptabilité rédigée selon les usages romains et opposable aux tiers en droit romain. Dans la réalité, seuls les plus riches en avaient effectivement besoin. Un homme dans ce cas, dans le reste de ce texte, sera appelé par le mot latin paterfamilias pour éviter tout anachronisme lexical. Dans ces siècles, comme au Moyen-Age en Occident, il y avait une continuité juridique entre le patrimoine strictement domestique du paterfamilias et celui qu'il manipule au titre de ses affaires extra-domestiques. Il résulte de cette situation une centralisation de tous les comptes d'un tel Romain à son domicile, comme le montre l'énoncé des comptes du richissime Trimalcion, le célèbre personnage du Satiricon .

Cette procédure de regroupement de tous les comptes implique bien sûr que chaque affaire, échoppe, négoce, societas ou exploitation agricole ait sa propre comptabilité, même des plus rudimentaires.

De nombreux esclaves avaient des activités financières, commerciales, artisanales ou agricoles mais ils agissaient, en principe, avec le consentement de leur maître, selon plusieurs modèles possibles prévus par des dispositions juridiques. La comptabilité qu'ils tenaient de leurs affaires était exploitée in fine dans celle de leur paterfamilias.

Le concept de personne morale existait déjà dès 450 avant J.- C. , mais il s'agissait d'une solution juridique exceptionnelle, très précise réservée à de rares cas dans le monde antique romain. Néanmoins, ces personnes morales disposaient d'un actif, d'une comptabilité et même d'un droit de la famille envers leurs affranchis, leurs anciens esclaves libérés de la servitude.

Plus l'étendue des affaires d'un paterfamilias était importante, moins il était impliqué lui-même dans la tenue des comptes. Il disposait pour cette tache d'un personnel qualifié, plus ou moins nombreux, avec en son sein des spécialistes de tel ou tel domaine de la gestion, et surtout dans les techniques de calcul (pour effectuer leurs calculs les Romains utilisaient, entre autres instruments, des tables de calculs munies de jetons, des bouliers et le comput digital ). Les établissements les plus importants d'un paterfamilias étaient dirigés par un directeur (magister) ou un régisseur (uillicus). Une fois les opérations de reporting achevées, l'attention du paterfamilias se portait alors essentiellement sur les redditions de comptes dont le principe est connu grâce à un descriptif qu'en a fait le juriste Callistrate : l'examen des documents (legendas offere rationes), la vérification du déroulement des calculs (computendas offere rationes), la remise du solde (reliqua soluere) et l'arrêté du compte (subscribere rationes) avec son acceptation ou son refus.


Les pièces comptables

 

 

La comptabilité romaine est construite sur la base de trois documents. Voici quatre siècles désormais qu'ils sont commentés, plus précisément depuis les premières analyses faites par le mathématicien flamand Simon Stevin . L'existence de ces trois documents est connue uniquement par la littérature et les sources juridiques anciennes. A ce jour l'archéologie n'en a révélé aucun exemplaire et leur analyse demeure essentiellement spéculative. Il y a un liber kalendarrii, couramment appelé kalendarium, c'est un registre qui rassemble les engagements financiers (emprunts, prêts, participations) ; il y a les adversaria, brouillards des opérations quotidiennes, ce sont des documents provisoires destinés à être reportés en fin de période de référence suivant des procédures précises sur un document définitif, le codex accepti et expensi. La connaissance de ce dernier registre par les Romains est attestée jusqu'au IVe siècle après Jésus-Christ. A côté de ces pièces majeures, existe une multitude de journaux auxiliaires en fonction des opérations traitées : par tiers, par nature de marchandise, caisse, achats, ventes… Ces pièces comptables entrent sous les termes génériques de litterae ou de tabulae.

Cette comptabilité, alors que de nombreux commentateurs l'estimaient rudimentaire, est en fait complexe, pertinente et susceptible de fournir le film de l'évolution du patrimoine d'un paterfamilias et les clichés d'opérations ponctuelles . Elle est fondée sur des usages et vraisemblablement des normes. La littérature fournit de nombreux exemples de contrôle de comptes, le plus célèbre est certainement celui qu'effectue Cicéron dans le patrimoine et les tablettes de comptes de Verres . Pline le Jeune dans une lettre qu'il adresse à l'empereur Trajan commente également une inspectatio à diligenter à Apamée, ville d'Asie mineure . Pour qu'un contrôle puisse être effectué par une personne qui se rend depuis Rome en tout point d'un empire qui à la fois entoure la Méditerranée et s'étire de l'Euphrate jusqu'en Calédonie , il faut qu'existent en tout lieu de l'empire des principes de tenues de comptes identiques. D'ailleurs, le groupe lexical latin rationem reddere, qui a donné en français reddition de comptes, est une expression banale dans le corpus latin, où se dénombrent au moins soixante dix-sept occurrences . Si l'allusion à une procédure est très courante dans les sources écrites, c'est que la procédure l'a été dans la vie quotidienne. Un exemple est fameux, c'est celui de la reddition de comptes dans la parabole de l'intendant infidèle, traduite dans la Vulgate par la formule : " Redde rationem uillicationis tuae, iam enim non poteris uillicare " .

L'architecture arithmétique de la comptabilité des Romains permettait de suivre non seulement des budgets d'exploitations mais aussi les variations, positives ou négatives, des éléments du patrimoine d'un paterfamilias engagés dans des opérations. Il était alors possible par addition ou soustraction d'en connaître son évolution globale par rapport à un instant déterminé grâce au codex accepti et expensi.

Ces pièces comptables étaient adaptées pour connaître, suivre et justifier les modifications rencontrées par des éléments de l'actif du patrimoine du paterfamilias, mais elles ne permettaient pas de connaître les variations subies par les autres éléments de l'actif qui n'avaient pas été engagés dans des opérations commerciales. Il était alors impossible de définir la valeur totale actualisée de ce patrimoine. Pour ce faire, il fallait un inventaire initial régulièrement révisé en fin de période de références grâce aux données fournies par le codex accepti et expensi et en évaluant en fin de période les autres actifs par des tests de dépréciation.

Cette remarque induit une nouvelle question : des tels tests ont-ils existé et sous quelle forme dans l'histoire de la comptabilité ?


AMORTISSEMENT ET DÉPRÉCIATION

 

 

1 / La prudence médiévale

 


Plusieurs sources médiévales directes contiennent des inventaires de fin d'exercice. Parmi les plus anciennes de ce type se trouvent des documents relatifs à la liquidation d'une compagnie commerciale impliquant Bernardino Ugolini . Cet inventaire qui date de 1280 environ n'est pas un cas unique. Une autre firme, installée à Florence, celle d'Alberto del Giudice, en rédige un tous les deux ans selon une documentation qui débute en 1304 .

A côtés de ces documents, il existe deux familles de registres très connues, il s'agit des livres de Francesco Del Bene et de ceux de Franceso Datini . En ce qui concerne les premiers, Raymond de Roover remarque que dès 1322, une estimation de la valeur intrinsèque de chaque élément du patrimoine est faite lors de chaque inventaire . Cette procédure n'est pas laissée à la fantaisie du commerçant, qui pourrait être tenté de surestimer ses actifs pour donner une meilleure image de sa surface financière et des garanties qu'il serait susceptible de présenter. Des experts sont missionnés en qualité de sapiteurs . Pour le cas de Francesco Del Bene, ils appartiennent à une célèbre compagnie de banquiers, celle des Bardi de Florence . Les livres de comptes de la seconde famille, celle de Francesco Datini, contiennent des principes identiques. A la fin d'un exercice, quand est dressé un inventaire, la valeur mise en face de chaque article est celle qui aurait été obtenue en le vendant au cours du marché à cet instant-là.

Cette prudence qui consiste à mandater des tiers pour évaluer ses actifs laisse peser de lourds soupçons sur les pratiques qui ont pu avoir lieu. Dès le XIVe siècle, l'homme d'affaires a pu ressentir la vive tentation de surévaluer tout ou partie de ses éléments d'actifs pour donner une meilleure image de sa situation et de sa solvabilité, à charge pour lui, à Florence de devoir payer des prélèvements fiscaux plus importants. Il faut en effet rappeler les remarques rapportées par Balduin Penndorff et Heinrich Sieveking d'après qui dans la capitale toscane dans la première moitié du XVe siècle, et plus précisément jusqu'en 1458, existe un prélèvement fiscal dont l'assiette prend en considération la valeur de l'inventaire.


Au fur et à mesure, la rédaction d'un inventaire chiffré devient un outil de gestion qui a pris peu à peu sa place dans la comptabilité avec un souci celui de reproduire au mieux l'état d'un patrimoine. Les autres comptabilités européennes ont progressivement suivi le modèle italien et n'apportent rien de particulier . Pour trouver en France la première trace réglementaire de ce document, il faut attendre le ministère de Jean-Baptiste Colbert et une ordonnance royale en date de 1673 qui impose aux commerçants de faire un inventaire de leurs biens tous les deux ans . Dans cet esprit, Yannick Lemarchand a remarqué à juste titre que les livres de compte de la Compagnie des Indes contiennent la mention " moins-value par dépérissement " . Un pas essentiel est franchi par rapport aux livres de comptes italiens. L'enregistrement arithmétique du montant de la dépréciation implique que l'élément d'actif concerné figure dans la comptabilité de l'entité économique avec sa valeur d'acquisition et non pas avec sa valeur marchande ou vénale enregistrée lors du précédent inventaire. L'auteur cite l'enregistrement suivant " navire qui revient à 148 000 livres et qui, au plus, à son retour ne serait pas estimé 80 000, reste 64 800 ".

2/ Le paradoxe antique


Les faits juridiques

 

 

La civilisation romaine antique est une société censitaire. Le cens d'un individu définit la catégorie sociale à laquelle il appartient, s'il est plébéien, chevalier ou sénateur. Une déclaration du cens était effectuée auprès des censeurs. En théorie, elle était faite à chaque lustre , mais dans la réalité sa périodicité a varié en fonction des turbulences politiques rencontrées par l'Etat romain. De même, les sommes requises pour appartenir à un ordre ont également varié tout au long de l'histoire romaine.

Le principe de cette déclaration, la forma censualis est connue par un texte du Digeste rédigé par le jurisconsulte Ulpien : " Forma censuali cauetur, ut agri sic in censum referantur. Nomen fundi cuiusque : et in qua ciuitate et in quo pago sit : et quos duos uicinos proximos habeat. Et aruum, quod in decem annos proximos satum erit, quot iugerum sit : uinea quot uites habeat : oliuae quot iugerum, et quot arbores habeat : pratum, quod intra decem annos proximos sectum erit, quot iugerum : pascua, quot iugerum esse uideantur ; item siluae caeduae. Omnia ipse, qui defert, aestimet.(...) Quod si exciderit arbores uel uites, nihilo minus eum numerum profiteri iubetur, qui fuit census tempore, nisi causam excidendi censitori probauerit.(…) In seruis deferendis obseruandum est ut et nationes eorum et aetates et officia et artificia specialiter deferantur ". Ce document montre la façon dont chaque composante de l'actif était portée sur la déclaration de cens, et plus particulièrement les esclaves qui y étaient nécessairement inscrits un par un et non pas de façon collective.

Un second texte, un passage de Tite-Live, fait comprendre que les composantes de l'actif étaient également chiffrées individuellement lors de la déclaration du cens, il faut noter que les esclaves sont encore mis en avant dans l'anecdote citée : " In censibus quoque accipiendis tristis et aspera in omnes ordines censura fuit. Ornamenta et uestem muliebrem et uehicula quae pluris quam quindecim milium aeris essent <deciens pluris> in censum referre iuratores iussi ; item mancipia minora annis uiginti quae post proximum lustrum decem milibus aeris aut pluris eo uenissent, uti ea quoque deciens tanto pluris quam quanti essent aestimarentur et iis rebus omnibus terni in milia aeris attribuentur " .

Même si les événements narrés par Tite-Live concernent l'année 184 avant J.-C. et qu'Ulpien est en 228 après J.-C., il n'y a pas lieu à ce que les principes de base évoqués aient été remaniés entre ces deux dates. Ces deux premiers textes permettent d'affirmer que régulièrement, au mieux tous les cinq ans, chaque composante de l'actif du paterfamilias était enregistrée avec une valeur sur la forma censualis. La fin de la remarque de Tite-Live laisse penser que la valeur des éléments d'actif portée sur la déclaration est celle du prix d'achat, au moins, semble-t-il pour les esclaves. L'auteur signale que l'assiette retenue pour calculer le prélèvement fiscal est le prix auquel l'esclave a été négocié au cours des cinq dernières années, pourtant en cinq ans, pour les raisons déjà signalées, la valeur intrinsèque d'un esclave peut varier, quand il s'est bonifié ou au contraire dégradé.

Un troisième document vient compléter les deux sources précédentes. C'est une loi, la lex Aquilia de damno in iura dato. Il s'agit d'un plébiscite proposé par le tribun Aquilius en date de l'année 287 avant J.-C. En résumé, le dispositif de cette loi prévoit les indemnités pécuniaires que doit verser un individu à un tiers dont il a détruit ou détérioré la chose. Dans cette loi, les esclaves qui ont subi un dégât sont traités de la même façon que les quadrupèdes qui paissent en troupeaux . Pour mémoire, en droit romain l'esclave est une chose, un res, sans droit qui fait partie de l'instrumentum uocale (matériel doté de la parole) par opposition à l'instrumentum semi uocale doté de cordes vocales mais pas de la parole (les animaux domestiques) ou mutum, muet (l'outillage) . En fonction de la nature de la chose détruite, la base d'indemnisation retenue est la plus haute valeur qu'elle a eue en un an ou au cours des trente derniers jours. Cette procédure montre que non seulement les Romains savaient procéder à des tests de dépréciation des éléments d'actif, mais qu'il s'agissait d'un usage connu très tôt dès le début du IIIe siècle avant J.-C., date de la promulgation de la lex Aquilia. Un exemple cité par Gaius vient à l'esprit. Quand est tué un esclave qualifié qui fait partie d'une formation (comédiens ou musiciens) ou appartenant à une paire de jumeaux, il n'y pas seulement perte d'une chose, la res représentée par la personne physique de l'esclave, mais il y a dépréciation de l'ensemble formé par ces esclaves, groupe que le texte qualifie alors de depretiatus . Il y a dans ce cas, faut-il souligner, dépréciation d'un élément incorporel.

Ces trois documents se complètent mais soulèvent entre-eux une contradiction. La lex Aquilia montre que les éléments d'actifs ont une valeur instable et qu'ils peuvent se déprécier ou être réévalués. Toutefois, le texte de Tite-Live met en scène des répartiteurs qui s'apprêtent à inscrire dans la déclaration de cens de citoyens romains les articles acquis au cours du dernier recensement à partir du prix d'acquisition qui leur est communiqué (dans l'exemple rapporté par Tite-Live, le prix est surévalué pour effectuer un prélèvement fiscal exceptionnel). Il semblerait que la forma censualis ne tienne pas compte systématiquement des dépréciations éventuelles et du principe de l'amortissement. Pourtant, les Romains avaient pleinement conscience du principe de la dépréciation.

Les faits comptables

Des traits juridiques qui viennent d'être soulevés, il ressort que la structure sociale romaine est incompatible avec toute notion d'amortissement. En considérant le cens comme appréciation de la fortune d'un citoyen à partir de laquelle est établi un classement social et politique, l'introduction de l'amortissement modifierait en permanence son montant et donc la répartition censitaire. La valeur nette des patrimoines ne pourrait que baisser, sauf création ou accaparement gratuit de nouvelles richesses. Dans une société censitaire où il y a continuité juridique entre le patrimoine strictement domestique et le patrimoine extra-domestique à vocation économique, il y a de facto incompatibilité absolue entre un amortissement des éléments d'actif et une stabilité d'appartenance sociale, car la valeur du patrimoine serait éternellement fluctuante.

Les esclaves font partie du patrimoine d'un citoyen romain, qu'ils soient productifs dans une exploitation ou destinés à l'usage domestique, il est difficile de les amortir en comptabilité. Dans un esprit contemporain, l'acquisition d'un esclave s'apparente à une charge à étaler sur plusieurs exercices, sans qu'il y ait nécessairement dépréciation inéluctable, continue et irréversible. L'esclave peut être parfois rapidement utilisable pour certaines tâches, mais il peut aussi se reproduire et transmettre un savoir . L'usure physiologique est compensée par un remplacement naturel ou par une substitution fonctionnelle quand un esclave désormais vétuste a formé un de ses cadets. L'esclave est aussi objet de spéculation. Des sources juridiques et littéraires le confirment. C'est le cas rencontré dans un contrat d'apprentissage rapporté par la papyrologie où un maître confie à titre onéreux un jeune esclave à un formateur en espérant que plus tard cet esclave pourra être proposé et cédé à un prix élevé sur le uenalicium, le marché aux esclaves. Richard Duncan-Jones indique qu'un maître de grammaire fut acheté 700 000 sesterces et qu'Elagabal acheta 100 000 sesterces une courtisane de renom à laquelle il ne toucha pas, alors que le prix d'un cuisinier est de 2700 sesterces et que dans une tablette d'Herculanum, une jeune fille est nantie à concurrence de 600 sesterces . L'objet de ces remarques n'est pas de comparer des prix, ce qui serait un anachronisme, mais d'observer comment la valeur marchande intrinsèque d'un esclave varie en fonction de ce qu'on lui a déjà appris à faire ou de ce qu'il ne peut plus faire. Un jeune esclave sans qualité particulière est ressenti comme une charge, Cicéron s'interroge ainsi : " Sitne boni uiri maxima caritate annonae familiam non alere ? In utramque partem disputat sed tamen ad extremum utilitate, ut putat, officium dirigit magis quam humanitate. Quaerit : " Si in mari iactura facienda sit, equine pretiosi potius iactura facias an seruili uilis ? " Hic alio res familiaris, alio ducit humanitas ".

Il est intéressant de consulter les pratiques comptables d'aujourd'hui appliquées aux animaux. Les animaux achetés ou élevés pour être commercialisés sont classés en stocks, tandis que les animaux destinés à la reproduction sont amortissables , ce serait par exemple le cas des esclaves visées dans une des Réponses de Papinien : " Hereditatem post mortem suam exceptis reditibus restituere rogatus, ancillarum partus non retinebit, nec fetus pecorum, qui summissi gregem retinent ". Les esclaves peuvent relever des deux catégories, il est impossible de les amortir en comptabilité. Il est seulement permis de constater que leur valeur varie dans le temps selon des critères qui ne sont pas des lois mathématiques, mais qui sont des appréciations pouvant traduire un cours du marché de l'esclave en fonction des sources d'approvisionnement et des techniques. Dans le cas de la lex Aquilia il n'est pas question de la valeur résiduelle arithmétique de l'esclave calculée sur la base de son prix d'achat augmenté des coûts d'amélioration apportée et diminué des montants de dégâts subis. Il y a un test d'appréciation par rapport à la valeur du produit sur le marché.

De cette impossibilité comptable d'amortir un esclave naît celle de définir un coût de revient là où il est utilisé.

La tournure d'esprit comptable antique romaine semble présenter une originalité, la notion d'amortissement est absente tandis que celle de la dépréciation ne l'est pas. La juste valeur d'un élément d'actif est prise en considération uniquement lorsqu'il y a une procédure contentieuse avec un tiers ou une transaction à réaliser. La vision de la valeur du patrimoine d'un paterfamilias reste faussée en se tenant uniquement à ses registres comptables alors même que cet homme sait que certains de ses biens ont pu connaître un amoindrissement de leur valeur.


ANALYSE DU PARADOXE ROMAIN

 

 

Cette situation s'explique facilement par un trait de mentalité de la société romaine où conserver la valeur nominale de son patrimoine est un objectif minimal, tout juste toléré : le bon paterfamilias doit l'augmenter. Celui qui ne respecte pas ces règles de bienséance économique et financière est totalement déconsidéré par ses contemporains. L'augmentation de patrimoine, l'incrementum patrimonii, est une obsession du Romain sans cesse rappelée dans la littérature latine . Elle est incompatible avec l'amortissement qui constitue une charge. De plus, cette charge resterait sans contrepartie, l'analyse d'une perte en comptabilité romaine est toujours vue sous forme de flux de trésorerie susceptible d'être matérialisé. Dans la comptabilité romaine, aucune trace laisse supposer l'existence d'un compte Perte de cette nature. Quand il y a une perte, un damnum, c'est toujours en tant que solde par une opération commerciale bien précise, par opposition à un solde positif représenté par un lucrum. L'absence d'un compte Perte chez les Romains mais dont plus tard Luca Pacioli mentionne l'existence pour y porter les dépréciations subies par les marchandises est un élément technique qui permet d'affirmer que la comptabilité à partie double n'était pas pratiquée par les Romains. Il n'y aurait pas d'équilibre, la valeur effective de l'actif diminue sans qu'une perte ne soit enregistrée.

Connaître la surface financière et le crédit d'un tiers est une préoccupation essentielle en affaires, ce réflexe est connu dans l'antiquité romaine, comme le suggère une remarque de Sénèque . Cependant alors que des éléments du patrimoine d'une entité économique perdent de leur valeur, ces modifications substantielles ne sont pas systématiquement enregistrées dans ses comptes. Analyser la solvabilité d'un individu est alors aléatoire.

Dans un contexte servile la conséquence va bien au-delà de cette remarque : une telle carence peut entraîner une impossibilité de définir un coût de revient, car nul ne peut dire, sur du long terme, ce que rapporte un esclave, car on ne s'est pas ce qu'il coûte. Un bilan peut être fait seulement après sa disparition, cession ou mort, sous réserve d'absence de progéniture ou de transfert de connaissances ! Le coût réel de la main d'œuvre servile est indéterminé pour son propriétaire : il est tout au plus approximatif, aucun calcul de rentabilité ne peut être fait sérieusement. Il peut s'envisager a posteriori, mais sur un laps de temps trop long pour être significatif. Cette durée est celle de l'utilisation d'un esclave mais elle peut se prolonger de nombreuses années tandis que l'environnement économique peut changer pendant ce temps, notamment en ce qui concerne les sources d'approvisionnement en esclaves.

Il était difficile dans le monde romain de déterminer avec certitude ce que rapportait une unité de production à main d'œuvre essentiellement servile. Ce type d'exploitation offrait néanmoins un grand intérêt celui de créer des flux de trésorerie parfois importants qui permettaient de faire des opérations financières dont les rendements prévisionnels étaient précisément établis. L'économie de production de l'antiquité romaine ne pouvait pas durer, sur du long terme elle reposait sur une inconnue, son coût. Cette nouvelle hypothèse sur l'économie antique romaine a des conséquences trop vastes pour être abordées en détail dans le présent article et bénéficiera d'un développement ultérieur.

En l'état des sources, cette situation semble avoir changé en Occident dès la fin du Moyen-Age italien où des techniciens sont associés à la rédaction des inventaires pour estimer la juste valeur des biens. La surface financière des hommes d'affaires est alors mieux connue, mais déjà le seul fait de faire intervenir un tiers pour estimer la valeur des actifs souligne la tentation de l'entrepreneur à les évaluer à sa convenance plutôt qu'en fonction de la réalité.

La comptabilité était déjà devenue un outil de communication pour séduire ses interlocuteurs.


Index des noms cités

 

 

Callistrate

Jurisconsulte sous Sévère (empereur de 193 à 211) et Caracalla (empereur de 211 à 217 ).

Cicéron

Marcus Tullius Cicero, avocat, orateur et homme politique romain, assassiné peu de temps après Jules César (106-43 av. J.-C.).

Dioclétien

Caius Aurelius Valerius Diocles Diocletainus (245-313), empereur romain de 284 à 305.

Gaius

Juriste, professeur de droit, romain contemporain d'Antonin le Pieux (empereur de 138 à 161) et de Marc Aurèle (empereur de 161 à 180).

Maximien

Marcus Aurelius Valerius Maximianus (250-310), empereur romain de 286 à 305 et de 306 à 310.

Papinien

Aemilius Panianius, jurisconsulte, Préfet du prétoire sous l'empereur Septime Sévère en 203, exécuté sous l'ordre de l'empereur Caracalla en 212.

Paul

Julius Paulus, jurisconsulte du IIIe siècle, assesseur de Papinien pendant sa préture.

Pétrone

Caius Petronius Arbitrer, écrivain latin, mort en 66 ap. J.-C., auteur du Satiricon.

Pline le Jeune

Caius Plinius Caecilius Secundus (62 ou 63- v.114), écrivain latin, ami de l'empereur Trajan.

Sénèque

Lucius Annaeus Seneca (2 av. J.-C -65), philosophe latin, précepteur de Néron. (empereur de 54 à 68).

Tite-Live

Historien romain (59 av. J.-C.- ap. J.-C.17), familier de la cour d'Auguste (empereur de 27 av. J.-C. à 14 ap. J.-C.).

Trajan

Marcus Ulpius Trianus (53-117), empereur de 98 à 117.

Ulpien

Domitius Ulpianus, jurisconsulte romain, préfet du prétoire sous Sévère Alexandre (empereur de 222 à 235), il fut massacré par les prétoriens.

Varron

Ecrivain latin (116-27), auteur d'une abondante oeuvre qui touche des domaines techniques très variés.